mardi 8 août 2017

2 CORINTHIENS 3

V 1 à 3 : les Corinthiens, une lettre de Christ

En faisant l’apologie des mobiles qui le motivent dans son ministère, Paul cherche-t-il à se recommander lui-même auprès des Corinthiens ? La question, nous allons le voir, ne mérite pas d’être posée. L’apôtre sait seulement que lorsque le regard d’une personne sur une autre est faussée, tout ce que dira ou fera cet autre risque d’être sujet d’interprétation. Aussi Paul préfère-t-il prendre les devants. Puisque c’est là la nouvelle accusation que ses propos sont susceptibles de soulever, autant chercher à y répondre immédiatement. C’est encore là le meilleur moyen de couper l’herbe sous les pieds de ses contradicteurs.

Non, Paul ne cherche pas à se recommander lui-même. Il n’a d’ailleurs nul besoin de lettres de recommandation par lesquelles il devrait être attesté pour ce qu’il est auprès des Corinthiens. Car ils sont eux-mêmes la lettre lue et connue par tous qui accrédite, mieux que tout écrit, l’œuvre que Dieu a faite au-travers du ministère de Paul. Il peut y avoir parmi les Corinthiens une faction qui n’a pas connu Paul ou qui ne soit pas le fruit direct de son ministère. Mais cela ne change rien aux faits. C’est par le ministère de l’apôtre et de son équipe que l’Eglise de Corinthe est née. Ce lien de parentalité porte en lui une légitimité, quant à la reconnaissance de l’autorité, que rien ne peut concurrencer.

Qu’est-ce qui recommande un apôtre ? Qu’est-ce qui donne du crédit à un ministère ? Paul y répond ici : les fruits visibles qui en découlent. En terre étrangère, on comprend que certains, pour être reconnus et ne pas avoir à prouver ce qu’ils sont, soient munis de lettres de recommandation qui permettent aux Eglises qui les accueillent de savoir à qui elles ont à faire. L’écrit qui recommande Paul, c’est le témoignage de ce que la grâce de Dieu a accompli à travers lui. C’est l’histoire de toutes les vies transformées par Christ au travers de la prédication de son Evangile. Ce sont toutes les Eglises locales nouvelles, les chandeliers qui, dans toutes les provinces où l’apôtre s’est rendu, rayonnent de la lumière de Christ.

Quelqu’un peut, à juste titre ou non, être mandaté par un homme en vue d’être bien accueilli par ses frères qui ne le connaissent pas. Mais la vraie lettre de recommandation d’un ministère est celle qui est écrite par Christ. Elle ne l’est pas avec de l’encre, mais avec l’Esprit de Dieu, non sur des tablettes de pierre, mais sur des cœurs. L’encre peut s’effacer, s’altérer, mais l’œuvre que Dieu a faite par Son Esprit demeure. Elle perdure pendant des années, jusque dans l’éternité. Le temps ne la ternit pas. Au contraire, plus il passe, plus il rend évident la source qui est l’origine. Les tablettes de pierre, matériau de l’écriture, peuvent se briser ou se perdre. Ce qui a été gravé dans les cœurs par l’Esprit de Dieu ne peut être effacé. Ce que Christ a écrit par lui dans l’histoire est la lettre de recommandation du ministère apostolique de Paul. Que, par Sa grâce, nous ne cherchions pas en avoir d’autre auprès des hommes !

V 4 à 6 : notre capacité vient de Dieu

Quoi que ce soit de glorieux et de spirituel que Paul puisse accomplir, il ne voudrait pas, une fois de plus, que ses détracteurs se méprennent sur ses paroles. L’apôtre sait que, par lui-même, il n’est capable de rien. Tout ce que Dieu peut réaliser à travers lui ne vient pas de Paul, mais de Dieu. C’est Lui qui est à la fois la source et la force qui permettent à Ses serviteurs d’accomplir ici-bas une œuvre dont la portée dépasse le temps et l’histoire, mais qui perdure jusque dans l’éternité. Qui est capable de réaliser la mission pour laquelle Dieu l’appelle, avait demandé Paul (2 Corinthiens 2,16). Il nous fournit ici la réponse. Jésus l’avait déjà dit à Ses disciples : hors de Lui, ils ne pourront rien faire (Jean 5,5). Certains l’écoutant, comme Pierre, ont pu penser que Jésus exagérait. Certes, le groupe des disciples se montrait parfois faible, couard. Mais réduire à l’impuissance totale leur capacité à Le suivre et Lui être utile relevait de l’extrémisme. Il faudra la croix, et les événements qui l’entourèrent, pour que chacun reconnaisse la validité des paroles du Seigneur. Là se brisèrent dans un échec douloureux toutes les prétentions de ceux qui se croyaient forts (Matthieu 26,75). C’est par ce chemin, souvent, que le Seigneur doit aussi nous faire passer pour que nous apprenions nous aussi la leçon. Notre capacité à servir Dieu et à réaliser la mission à laquelle Il nous appelle ne peut venir de nous-mêmes, de nos forces propres. C’est de Lui et par Lui que sont toutes choses afin qu’elles soient aussi pour Lui !

Ministres de Jésus-Christ, nous ne le sommes pas de la même manière que ceux qui servirent Dieu sous l’ancienne alliance. L’ancienne alliance était celle de la lettre. Centrée sur la loi, elle insistait sur les exigences à remplir pour satisfaire la justice de Dieu. Cette alliance était incapable d’apporter la vie. Elle ne fit qu’écraser sous un joug mortel tous ceux qui essayèrent de satisfaire ses ordonnances (cf Actes 15,10). Le ministère qu’ont reçu ceux qui ont été régénérés par le Christ est tout autre. C’est d’une alliance nouvelle, dont la force pour la pratiquer est communiquée par l’Esprit, que les disciples de Christ sont les ministres. Le but n’est plus désormais que nous fassions par nous-mêmes ce qui est en notre pouvoir pour obéir à Dieu, ce qui ne mène qu’à l’échec. Il est que, par la vie que donne l’Esprit, nous marchions en nouveauté de vie. Les deux ministères, comme les deux alliances, sont à l’opposé l’une de l’autre : ce que Paul va expliquer maintenant !

V 7 à 18 : ministres d’une alliance nouvelle

a.       Supérieure à l’ancienne quant à la gloire : v 7 à 11

Sans conteste, le ministère de l’ancienne alliance a été un ministère glorieux. Songeons aux coups d’éclat et aux manifestations puissantes qui accompagnèrent le don de la loi fait à Moïse par Dieu sur le mont Sinaï (Exode 19). Suite à sa seconde rencontre avec le Très-Haut, Paul rappelle que la lumière qui rayonnait du visage de Moïse était telle que les Israélites ne pouvaient le regarder en face et craignaient de s’approcher de lui (Exode 34,29 à 35). Cependant, malgré la gloire qui l’entoura, le rayonnement du ministère de l’ancienne alliance n’est pas comparable à celui de la nouvelle. Car, ce ministère que Moïse a reçu était un ministère qui conduisait à la mort. Pour preuve, le jour où Moïse redescendit de la montagne avec les tablettes de pierre portant les dix lois gravées du doigt de Dieu, trois mille hommes périrent (Exode 32,28). A contrario, parallèle saisissant, le jour où l’Evangile fut proclamé pour la première fois aux Israélites à la Pentecôte, trois mille reçurent la vie (Actes 2,41). De plus, alors que le ministère de l’Evangile a pour objet d’apporter aux pécheurs la justice, celui de Moïse et de la loi conduit invariablement à la condamnation (Romains 7,7 à 11). D’autre part enfin, Paul le dit à plusieurs reprises, le ministère de la loi confié par Dieu à Moïse n’était pas appelé à durer. Il était passager. Il fut donné à Israël jusqu’au temps où devait paraître Celui par qui toutes les promesses de salut, antérieures à la loi et données par Dieu dès la genèse, s’accompliraient (Galates 3,23 à 25).

Résumons ce que dit Paul ici ! Pour trois raisons, la gloire du ministère de l’Evangile (l’alliance nouvelle) confiée aux disciples de Christ est infiniment supérieure à celle du ministère de la loi (l’alliance ancienne) confié à Moïse. Le ministère confié à Moïse était un ministère qui aboutit à la mort de ceux vers qui il s’orientait. Le ministère confié aux apôtres de Jésus-Christ sera un ministère qui procurera la vie et régénèrera puissamment ceux qui en seront l’objet. Le ministère de la loi porte en lui la condamnation de ceux qui transgressent les ordonnances qui la constituent. Le ministère de l’Evangile apporte pour toujours à ceux qui y croient une justice qui vient de Dieu. Le ministère de la loi était un ministère essentiel mais provisoire dans le déroulement du dessein de Dieu. Il a été donné à Israël et à l’humanité pour que chacun soit conscient de son péché et de son incapacité à satisfaire par lui-même la justice de Dieu. Le ministère de la loi rend indispensable et incontournable pour chacun le besoin de la venue de Christ en vue de son salut. Car, dit Jean, la loi a été donnée par Moïse, mais la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ (Jean 1,17).

Que les ministres de l’Evangile n’aient pas honte du message dont ils sont les porteurs (Romains 1,16). Il est le seul message qui ait l’impact de modifier le cours d’une vie pour l’éternité. Une gloire sans pareille est attachée au ministère de l’alliance nouvelle dont les témoins de Christ sont ici-bas les représentants. Sous ce rapport, dit Paul, ce qui porte une gloire passagère n’est rien en comparaison de la gloire beaucoup plus éminente dont le ministère de l’Evangile est porteur !

b.       Supérieure quant à la liberté qu’elle confère : v 12 à 18

Forts de l’espérance vivante et éternelle dont ils sont les porteurs, les ministres de l’Evangile sont habités par une assurance qui leur procure une liberté que Moïse ne connaissait pas. En témoigne le voile que Moïse mettait sur son visage lorsque, sortant de la présence du Seigneur, il finissait d’adresser aux Israélites ce que Celui-ci leur avait transmis (Exode 34,31 à 35). Cette pratique de Moïse, dit Paul, avait une raison essentielle. L’homme de Dieu ne voulait pas que les Israélites constatent que la gloire qui rayonnait de lui était passagère. Les effets de la gloire de l’ancienne alliance étaient comme ceux du bronzage. Soustraite à l’influence des rayons du soleil, très vite, la peau retrouve son aspect mat d’origine. Il en est de même du caractère éphémère de la gloire qui se reflétait sur le visage de Moïse, qui n’était pas un facteur d’incitation à s’attacher à l’alliance dont il était le médiateur. Il témoignait déjà, par avance, de l’état provisoire de celle-ci. Ce voile que Moïse portait, les Israélites qui le lisent et s’attachent à lui, dit Paul, le portent toujours. Ils n’ont toujours pas compris, en effet, que les Ecritures de l’Ancien Testament n’existent pas pour elles-mêmes, mais qu’elles ne deviennent intelligibles que lorsqu’elles sont perçues comme une prédiction et une préfiguration de Christ. Aussi, comme le leur disait déjà Jésus, restent-ils aveugles. Chaque jour, ils sondent les Ecritures parce qu’ils pensent trouver en elles la vie éternelle. Mais, ne voyant pas que c’est de Lui qu’elles témoignent, ils passent à côté de la vie (Jean 5,39-40).

Tous les chrétiens, juifs ou non, peuvent en témoigner. Le miracle de la compréhension de l’Ecriture s’est produit pour chacun au même moment : celui de la conversion. Il est difficile pour nous d’imaginer les effets qu’une telle révélation, celle de Christ, objet et centre de l’Ecriture, produisit sur un Juif pieux comme Paul. Mais le plus marquant fut celui de la liberté reçue. Alors que la crainte et l’incertitude habitaient jusque-là son cœur, Paul pouvait enfin librement s’approcher de Dieu, Le contempler dans l’Ecriture par les yeux de l’Esprit. Il n’y avait plus de voile, de barrière entre Dieu et lui. Jusque-là, par ses propres efforts, Paul avait tenté de se réformer. Mais c’était peine perdue. Ses tentatives de se conformer à la loi ne l’avaient pas changé. Elles n’avaient fait que mettre davantage en évidence son péché. Au bénéfice de la grâce, Paul avait accès par l’Esprit à la vision de la gloire de Dieu. Nul besoin d’effort désormais pour se transformer. Ce face à face quotidien avec Dieu suffit pour le transfigurer, le configurer chaque jour davantage à Son image. C’est là, dit Paul, l’œuvre principale de l’Esprit dans le cœur de chaque chrétien. Tel un portraitiste qui, touche par touche, dessine le visage de la personne qu’il cherche à reproduire, l’Esprit, par la révélation de Christ, agit en nous de telle manière, que de gloire en gloire, nous sommes transformés à Sa ressemblance.


Ne nous privons jamais de l’Ecriture ! A travers elle, ne nous lassons jamais de chercher Christ ! Prions avec foi et ferveur que l’Esprit nous le révèle toujours plus. ! C’est là le plus sûr chemin pour nous pour Lui ressembler !

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