vendredi 22 septembre 2017

2 CORINTHIENS 7

V 1 : Poursuivons la sainteté

Quelle motivation doit animer notre recherche de la sainteté ? Elle est toute entière liée aux promesses que Dieu nous fait. C’est le désir de la présence de Dieu qui est la source principale de notre détermination à fuir le péché. Car nous le savons, nous en avons fait l’expérience : notre bonheur de chrétien n’est jamais si grand que lorsque nous vivons sous la douce influence du Saint-Esprit. La recherche de la sainteté n’est pas séparée de celle de l’abondance, de la plénitude, du bonheur. La présenter aux enfants de Dieu sous un autre angle, c’est les priver de la motivation la plus enthousiasmante à ce sujet.

La recherche de la sainteté est une recherche holistique. Elle ne touche pas qu’au comportement extérieur, ce que le croyant fait de son corps. Elle intègre la pureté de la pensée, de l’esprit. Beaucoup de croyants peuvent se vanter sans mentir de ne jamais avoir commis un adultère, mais combien pratiquent la discipline de Job avec leurs yeux et dans leurs pensées (Job 31,1) ? Nous le savons tous : c’est dans le cœur et l’esprit que naissent les convoitises, les pensées impures, mauvaises. Qui veut porter dans sa vie la recherche de la sainteté à son sommet ne pourra jamais se satisfaire d’une vie seulement correcte aux yeux des hommes. C’est devant Dieu que le saint vit ! C’est animé d’un profond respect envers Lui, d’une sainte crainte qu’il entreprend de se discipliner de manière à ce que, ni dans for intérieur, ni dans son comportement extérieur, le péché n’ait d’emprise sur lui.

V 2 à 4 : Une place dans vos cœurs !

Pour la seconde fois (6,11-12), Paul fait appel au souvenir des Corinthiens afin que l’amour qui était à la base de leur relation avec lui demeure. A la manière d’un Samuel rendant compte de son intégrité face à Israël qu’il avait tant servi (1 Samuel 12,1 à 6), Paul en appelle à la mémoire de ses frères au sujet de son comportement lorsqu’il était au milieu d’eux. Y a-t-il parmi eux un seul frère à qui Paul aurait fait du tort, quelqu’un dont il aurait profité abusivement, quelque chose de reprochable porté à son compte qui puisse justifier la défiance et le refroidissement de leur amour à son égard ? En rappelant la probité avec laquelle il a agi, Paul ne cherche pas à accuser ses frères. Il veut plutôt les conduire à s’interroger sur les causes du sentiment qui s’est développé parmi eux à son sujet. Celui-ci ne repose sur aucun fait. Il n’a rien d’objectif. Il n’est que le produit d’une influence extérieure. Comme Paul n’y est pas soumis, il atteste que, de son côté, les sentiments qu’il éprouve pour les Corinthiens n’ont pas varié. Il reste fier d’eux. Pour toujours, ils sont gravés dans son cœur. L’histoire qui s’est écrite entre eux et lui reste intacte et rien de ce qui s’est passé chez eux après son départ ne peut l’effacer ou la changer. Le souvenir qu’il a de leur vécu commun demeure pour lui une source de joie et d’encouragement.

Lorsqu’une relation fraternelle se détériore, il faut, pour en juger objectivement, toujours se rapporter aux faits. Notre regard sur quelqu’un peut changer. Mais nous devons nous interroger sur la cause de cette mutation. Est-elle due à des attitudes nouvelles qui nous auraient déçues ? Ou sommes-nous sous influence ? Depuis que nous connaissons cette personne, y a-t-il eu des faits nouveaux qui invalident ou modifient le jugement que nous avions sur elle ? Si ce n’est pas le cas, aucune raison ne justifie l’altération de notre amour pour elle. Agissons, si nous en sommes la victime, comme Paul. Interrogeons nos frères ! Demandons-leur de nous dire par des faits ce qui légitime leur nouvelle attitude à notre égard ! Plaçons-les devant leur propre conscience ! Et continuons pour notre part à protester de notre amour pour eux ! Seul le retour à la vérité fournit à la grâce de Dieu les ressources permettant d’opérer les changements salutaires dans les cœurs !

V 5 à 15 : le rapport de Tite

Après le long exposé de Paul sur les motivations qui sont à la racine de son ministère, l’apôtre reprend le récit explicatif de la raison pour laquelle il n’est pas venu à Corinthe là où il l’a laissé (cf 2,12-13). Quittant Troas avec son équipe pour la Macédoine, Paul ne connut là guère de repos. A l’extérieur, Paul devait souvent se battre contre des adversaires de toutes sortes : opposants juifs, faux docteurs… A l’intérieur, il devait lutter contre ses craintes. Bien que n’ayant à rougir de rien pour le fait d’être mis au rang des autres apôtres (1 Corinthiens 15,9-10), Paul n’était pas un surhomme. Comme tout autre, il était sujet à la faiblesse et à la peur (1 Corinthiens 2,3), au stress et à l’inquiétude (1 Thessaloniciens 3,1 et 7). Aussi l’arrivée de Tite, porteur de bonnes nouvelles de Corinthe, fut-elle un véritable ballon d’oxygène pour l’apôtre. Le rapport que le fidèle collaborateur de Paul lui fit de sa visite dépassa ses espérances. Paul n’avait pas de souci à se faire sur la place qu’il occupait dans le cœur de ses enfants spirituels. La lettre, un tant soit peu sévère, qu’il leur avait écrite, ne les avait pas refroidis à son sujet. Au contraire ! Attristés de ce qu’ils aient été la source de tant de soucis et de peines chez l’apôtre, ceux-ci avaient protesté avec larmes de leur vive affection pour lui. S’il y avait une communauté à qui appartenait Paul, c’était Corinthe. Et il n’était pas question pour eux qu’on le leur prenne !

Ce n’est pas la première fois qu’en proie à des soucis majeurs, Paul fait l’expérience du secours et de l’encouragement de Dieu par une bonne nouvelle qui lui parvient de loin (1 Thessaloniciens 3,6). Dieu, qui prend soin des humbles, sait ce que chacun peut supporter et ce dont il a besoin. Une bonne nouvelle venant d’une terre lointaine, dit le proverbe, est comme de l’eau fraîche pour une personne fatiguée (Proverbes 25,25). Si ce n’est par une lettre, l’encouragement de Dieu se concrétisera une autre fois pour l’apôtre par la venue de frères venant à sa rencontre pour le soutenir dans l’épreuve à laquelle il devait faire face (Actes 28,15). Connaissons-nous un frère éprouvé ? Prenons la plume pour l’assurer de notre soutien ! Ou, si possible, faisons encore mieux ! Allons à sa rencontre, visitons-le ! Faisons-lui part de notre affection ! Nous serons l’outil de la grâce de Dieu pour l’aider à poursuivre son chemin !

Rassuré sur les sentiments des Corinthiens à son égard, Paul peut revenir sur le sujet qui aurait pu définitivement les brouiller avec lui : la lettre qu’il leur a écrite. Dans un échange qui a pour but de régler des différents entre personnes, nous ne pouvons progresser que par paliers. Tant que celui qui a tort ne se repent pas, il est impossible de retourner avec lui dans le passé pour examiner le bien-fondé de ce qui lui a été dit. Il le faudrait pourtant, car sans un véritable travail de fond sur le sujet qui a fâché, la réconciliation ne peut se faire. Après toutes les tracasseries que le conflit avec les Corinthiens lui a causées, le soulagement de Paul est à son comble. Même si cette lettre n’était pas facile à écrire pour lui et désagréable à lire pour les Corinthiens, à cause du fruit qu’elle a produit en eux, Paul ne la regrette pas. Elle a certes provoqué chez ses frères de la tristesse, mais celle-ci leur a été salutaire. Cette tristesse était une tristesse selon Dieu. Elle a été l’instrument qu’Il a utilisé dans Sa grâce pour amener l’Eglise de Corinthe à s’interroger et revoir son attitude envers l’apôtre. Leurs yeux jusqu’alors obscurcis se sont ouverts. Non, le point de vue que les adversaires de Paul voulaient qu’ils adoptent à son sujet ne correspond pas à la réalité. Oui, de tous ceux qui sont passés parmi eux, l’apôtre est l’un de ceux qui les a le plus enrichis, qui s’est le plus donné pour eux. Aussi, l’attitude qui doit désormais prévaloir à son égard ne doit plus être le blâme ou la critique, mais la reconnaissance.

Si nous sommes dans la vérité au sujet de ce que l’on dit, nous ne devons pas craindre pour un moment d’attrister les frères. La tristesse est un outil de Dieu qui mène à une repentance salutaire. Elle est donc positive, contrairement à celle que le monde induit, qui conduit celui qu’elle affecte au désespoir et à la mort. Il y a dans le service de Dieu des maux et des souffrances utiles et nécessaires. Seul le mensonge du diable peut nous faire croire que le fait de causer de la peine à un frère est toujours une preuve d’absence d’amour. La lettre sévère de Paul aux Corinthiens est la preuve de l’inverse. Utilisée par Dieu pour leur parler, elle ne leur a causé aucun dommage. Au contraire, elle a été comme une révélation pour eux. Elle leur a permis de discerner le vrai du faux, et a mis en lumière le mauvais esprit qui était à la source de la tension survenue entre eux et leur père spirituel. Du coup, dit Paul, elle les a justifiés et a mis en lumière le fait qu’ils n’étaient pour rien dans toute cette histoire. Elle a ainsi atteint son but qui n’était pour Paul ni de se défendre, ni d’attaquer celui qui l’offense parmi eux, mais de rétablir la relation brouillée qui s’était installée entre l’apôtre et l’Eglise.

La façon avec laquelle Paul a agi dans cette affaire témoigne que ce n’est que par lâcheté que l’on affronte pas les vrais problèmes qui surviennent dans la communion fraternelle. Certes, il n’est pas aisé de le faire. Une réaction trop vive et trop brutale peut envenimer la situation au lieu de la résoudre. Mais ne rien faire peut s’avérer pire encore. Prions Dieu et demandons-lui la sagesse d’agir avec bonté et discernement. La bonté n’exclut pas la sévérité (cf Romains 11,22). Nous devons seulement veiller à ce que notre sévérité ne soit pas l’expression de notre dureté. Plutôt que par nos émotions ou notre ressenti, laissons-nous conduire par l’Esprit. Il est seul Celui qui est capable de nous donner les justes mots qui toucheront les cœurs et les ramèneront les uns vers les autres !

Si Paul est heureux pour lui-même de l’issue favorable de la discorde qui s’était installée entre lui et ses frères, il l’est encore plus à l’égard de Tite. Pour sa part, en effet, Paul n’est jamais entré dans la critique négative au sujet de ses frères. Au contraire ! Avant d’envoyer Tite vers eux, il n’a cessé de lui témoigner de la fierté qui était la sienne à leur propos. Tite revenu vers lui, il ne peut que se réjouir de constater qu’il n’a rien exagérer, mais que tout ce qu’il a pu dire à son frère au sujet des Corinthiens était vrai. Tite a été reçu à Corinthe comme un envoyé de Paul. Il a pu vérifier par lui-même tout le crédit que les Corinthiens portaient à l’autorité de l’apôtre. Il a pu se réjouir de leur disposition à l’obéissance. La confiance qu’avait Paul en ses frères n’a eu besoin d’être démentie en rien.


Apprenons, en conclusion de cette histoire, de l’attitude de l’apôtre. Combien de fois, lorsqu’il nous arrive d’être à tort ou à raison mis en question par des proches, n’avons-nous pas réagi par la défensive ! « Avant de vouloir ôter la paille qu’il voit dans notre œil, ils feraient mieux d’ôter la poutre qui est dans le leur, avons-nous pensé (cf Matthieu 7,3) ! » Il n’en a pas été ainsi de Paul. Spirituel, il est resté sur le terrain de la vérité et de l’amour. Il a choisi de mettre en avant les faits plutôt que les sentiments. Il s’est justifié sur la base de ce qui était connu par tous et s’en est tenu là. Que Dieu nous donne de suivre son exemple et la grâce d’atteindre la maturité qui était le sienne ! Car c’est ici la seule voie qui permette de gagner à nouveau le cœur de son frère !

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