vendredi 3 novembre 2017

2 CORINTHIENS 13

V 1 à 4 : je ne ménagerai personne

En vue de sa troisième visite chez les Corinthiens, Paul annonce clairement la couleur : il ne ménagera personne. Si les Corinthiens veulent avoir la preuve que Paul n’est pas faible et que Christ vit en lui par Sa puissance, ils l’auront. Lors de sa précédente lettre, l’apôtre avait déjà posé la question à ses frères : « Que voulez-vous ? Que je vienne chez vous avec un bâton, ou avec amour et dans un esprit de douceur ? (1 Corinthiens 4,21). » Paul a fait dans le passé la démonstration qu’il peut faire preuve, à l’image de son Maître, de douceur (Matthieu 11,29). Mail il peut aussi, comme Lui dans le temple (Jean 2,14 à 17), faire preuve de fermeté et de sévérité si nécessaire. La sévérité du Seigneur est d’habitude réservée aux hypocrites, à ceux qui se jouent de Son nom en vue d’intérêts personnels. Elle n’est pas destinée aux enfants de Dieu qui, s’ils méritent d’être repris, doivent l’être en douceur (Galates 6,1). Ainsi, c’est toujours un signe d’endurcissement des cœurs quand ce qui convient aux pécheurs doit être appliqué aux saints.

Paul cependant aime trop l’Eglise de Corinthe pour se satisfaire de l’état dans lequel elle se trouve. Il n’a pas pour habitude de se faire violence pour exercer le ministère d’édification que Dieu lui a confié pour son bien. Mais s’il faut en passer par là, il le fera. Puisque c’est là la preuve que les Corinthiens veulent pour reconnaître l’origine de son apostolat au milieu d’eux, Paul va la leur donner. Le Christ, dans Sa faiblesse, n’a pas été cru. Il a été rejeté par Sa génération et mis en croix. Mais Il est revenu à la vie par la puissance de Dieu. Or, nous partageons avec Lui les deux réalités. Il se peut que, comme il en a été à Corinthe pour Paul, nous n’impressionnions personne par notre apparence (2 Corinthiens 5,12 ; 10,10). Mais, en Christ, l’apparence ne reflète pas la vérité de ce que nous sommes. C’est ce que le Saint-Esprit fait en nous et par nous qui dit qui nous sommes en Lui. La vérité de notre être est celle qui découle de notre communion avec Christ. C’est ce que nous sommes, connectés à la puissance de Dieu, qui dit ce que Dieu a voulu que nous soyons pour Lui dans le service.

Toute la bataille dont Paul fut l’enjeu à Corinthe tourne autour d’une question d’identité. Alors que Paul sait qu’il est apôtre par la volonté de Dieu, comme il le dit au début de chacune de ses lettres, ses opposants, pour des raisons fausses qui relèvent de la jalousie, le contestent. Un véritable apôtre doit, selon eux, fournir des preuves plus puissantes que celles données par Paul, pour se prétendre tel. D’une certaine façon, Paul va leur donner raison. Il n’est pas de coutume chez Paul de se mettre en avant pour légitimer son autorité. C’est pourquoi ses opposants ont fait erreur sur lui. Mais Paul a vraiment les moyens de se défendre. La puissance de Dieu a été à l’œuvre dans sa vie comme dans nulle autre. Elle s’est manifestée dans les situations extrêmes de faiblesse par lesquelles il est passé (2 Corinthiens 12,9). Mais elle peut le faire aussi par la fermeté dont il est capable en Christ. C’est ce que les Corinthiens vont découvrir lors de sa troisième venue chez eux.

V 5 à 10 : examinez-vous !

Il fallait de la part des opposants à Paul à Corinthe un certain culot pour le mettre à l’épreuve comme ils l’on fait ! Il y a dans le peuple de Dieu des gens dont l’arrogance est telle qu’elle dépasse toute limite et toute mesure. Est-il bienséant cependant de remettre en question les autres sans le faire pour soi ? Les Corinthiens ont exigé de Paul qu’il s’examine pour reconnaître le bien-fondé ou non de ses prétentions à l’apostolat. N’est-il pas l’heure pour eux de faire de même, de s’examiner pour voir si Jésus-Christ vit en eux ? La question de Paul à leur sujet n’est pas seulement rhétorique, ou une façon de leur rendre la balle que ceux-ci leur a envoyé. Elle est légitime au vu de tout le désordre, des péchés et des querelles qui ont secoué l’assemblée. Certes, dit Paul ailleurs, le Seigneur seul connaît ceux qui Lui appartiennent. Mais il ajoute aussi : quiconque prononce le nom du Seigneur, qu’il s’éloigne de l’iniquité (2 Timothée 2,19).

Que va donner l’auto-examen des Corinthiens sur eux-mêmes ? Même s’il ironise sur le sujet, le désir profond de Paul est qu’il soit un véritable succès en ce qui les concerne. Ici aussi, comme il n’a cessé de le démontrer tout au long de sa défense, le souci de Paul n’est pas lui-même, mais les autres. S’il s’avérait qu’en comparaison de la leur, la consécration de Paul paraisse comme un échec, il s’en réjouirait. Ce pourquoi Paul aurait travaillé parmi eux, à savoir leur perfectionnement (cf Colossiens 1,28-29), aurait alors atteint son but. Paul fera ce qu’il faut lorsqu’il viendra pour travailler à la restauration de l’Eglise dans la vérité, mais sa préférence, de loin, est de ne pas devoir user de sévérité pour se faire. Aussi, si l’autoexamen des Corinthiens peut les remettre sur la voie de la pratique du bien, ce sera pour lui comme pour eux autant de temps gagné !
Arrivé au bout de la lettre de Paul, gardons pour nous le double enseignement que sa façon de se défendre nous a appris. La force de l’homme de Dieu se trouve dans deux vertus : l’humilité et la vérité. Il se peut que, contraints par des opposants, nous soyons obligés d’assurer notre propre défense. Ne cherchons pas à nous faire valoir. Mettons plutôt en évidence les marques de l’œuvre de Jésus-Christ en nous et à travers nous. Il se peut que nous soyons l’objet de toutes sortes de calomnies, de médisances ou de fausses interprétations qui courent sur notre compte. Travaillons à rester dans la vérité ! Paul le rappelle ici : il n’y a pas de puissance qui tienne contre la vérité ; notre puissance vient d’elle (v 8). La ligne de défense suivie par Paul n’est pas la sienne. Elle est celle qui a été adoptée par Jésus lors de son procès ! Paul n’a été que son imitateur dans cette voie ! Que nous le soyons nous aussi, de lui et du Maître !

V 11 à 13 : salutations finales


Paul conclut sa lettre aux Corinthiens en leur adressant ses ultimes recommandations. Au lieu de cultiver un esprit de revendication, il les exhorte à travailler à la paix, l’unité et la concorde entre eux. Il les appelle à privilégier entre frères les rapports joyeux, marque d’une vie d’église en bonne santé spirituelle. Le Dieu de paix, de grâce et d’amour veut être avec eux ! Mais Il ne le peut au milieu d’une ambiance délétère, faite de parti-pris et de rivalités. Après avoir invité ses frères à se saluer et transmis la salutation des saints qui sont avec lui, l’apôtre termine en les bénissant au nom de chacune des personnes de la Divinité. C’est d’elles seules que procèdent les richesses qui sont celles de l’Eglise : la grâce de Jésus-Christ, l’amour de Dieu et la communion de l’Esprit-Saint !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire